samedi 12 septembre 2009

Bref et intense...

Je la salue comme je le fais avec tout ceux que j'aborde. Elle n'est qu'une autre personne à qui je demande de la monnaie.
Poli et gentil, présent par mon insistance, mes yeux sont pénétrants et bien que douce, ma voix se rend bien aux oreilles même des plus sourds. Je m'amuse avec la distance, j'approche, je recule, je me baisse selon ce que m'inspire le passant.
Absent aussi, l'émotion n'y est plus, sans le paraitre vraiment je suis un peu désincarné, je ne leur présente qu'un leurre de moi-même. Ma politesse n'est qu'instrumentale et ma douceur qu'hypocrisie. Mon sourire tait une tristesse et une humiliation dont je me suis coupé ainsi qu'une colère qu'il m'est impossible d'exprimer. Je semble prendre soin de ces gens car je ne veux épuiser ma ressource. Je suis comme un fauve qui aime sa proie. Bien sur la gazelle lui fout parfois un coup de sabot sur la gueule mais il continue à l'aimer. Il faut bien manger.

Pour en revenir à cette passante qui d'un premier regard me semblait quelconque, bien, elle a finit par me troubler.
Suite à ma question, elle s'est approché de moi, très proche. Une danse s'est engagée et elle la dirigeait. C'était comme une danse lascive, elle était dans ma bulle mais sa proximité me plaisait.
Sa voix, son regard soutenu étaient comme des caresses qui m'enveloppaient.
Pas d'argent, elle a quitté pour s'immobiliser devant moi en attendant que le feu passe au vert.
J'étais la derrière encore ébranlé par cette rencontre que je n'arrive à qualifier.
Je m'approche d'elle pour lui dire.
Moi - Vous vous êtes approchée beaucoup de moi.
Elle - D'un naturel déconcertant et qui semblait tout aussi facile pour elle que cette danse, elle me dit oui, je suis traductrice, le plus souvent je suis devant des textes.
Moi - En traversant la rue, anglais-français?
Elle - Oui, et vous que faites vous?
Moi - Je quête.
Elle - Oui mais à part quêter?
Moi - Je quête.
Elle - Ok
Nous avions traversé, je partais à droite et elle à gauche, on s'est salué.

Le titre du billet aurait pu être ...intimité dans l'anonymat.

7 commentaires:

Éléonore a dit…

pas facile de te saisir un gars... toi aussi tu danses... tu danses un tango, deux pas en avant deux pas en arrière. Pourquoi tu as refuser l'ouverture de cette femme ?

On dirait que la quête est devenue le centre de ta vie. Elle te définit plus que tout le reste ? OU est le reste de ton toi ?

Tu ne fais pas la quête le gars, tu es en Quête avec un grand Q. Et c'est toi que tu cherches. Est-ce possible ?

un gars a dit…

Je sais que je suis difficile à saisir.
Mais je n'ai pas refusé son ouverture, je l'ai relancé même.
Ma quête n'est pas avec un grand Q je ne crois pas qu'on puisse être quêteux en majuscule.
Je n'ai pas l'impression de me chercher, j'ai plutôt l'impression de me perdre.
Mais je sens dans tes mots un encouragement et aussi une capacité à me suivre même si interrogative.
On verra bien ou cela mènera. J'ai pris le risque d'en parler, je ne crois pas être capable de plus d'authenticité. Je verrai bien ou cela mène.

involontairementcannibal a dit…

Il me semble que des billets disparaissent, suis-je fou?

involontairementcannibal a dit…

Il me semble que des billets disparaissent, suis-je fou?

un gars a dit…

Non tu n'es pas fou involontairementcannibal.

Je l'ai déjà dit à Renart, lorsque je trouve un de mes billets mal, très mal fait, et offensant, je l'enlève. Je ne cherchais pas à blesser mais j'ai cru que mes propos pouvaient l'être pour Miss et pour toi.
Mais j'y reviendrai ma réflexion me semblait mal faite, loin de mon intention. Comme auteur Involontairementcannibal, te lire me trouble et je ne saisi pas encore les enjeux. Ce n'est pas ton talent, loin de là. C'est cette différence entre le blog et le roman que je ne saisi pas.
Je crois que c'est l'auteur en fait, mais même là, dans les romans, on a eu droit à des pseudo.
Ceux qui ont le frère untel ont-ils été déçus d'apprendre qui il était vraiment?

Je trouve ça important puisque cela a un effet mais je ne sais quoi en dire, et hier j'ai mal dit, alors j'ai effacé.
Si je trouve, j'écrirai à nouveau sur ce sujet.

Et puisque tu abordes le sujet, ma difficulté avec toi ce n'est pas tes personnages, c'est que l'auteur revêt plusieurs personnages aussi. Alors je deviens confus. Comment aimer un personnage d'un auteur qui en est un aussi? Et curieusement, comment aimer un personnage dont on connait l'auteur? Dans les deux cas la magie s'estompe mais je ne saisi pas les enjeux. Bref....

involontairementcannibal a dit…

J'ai eu un personnage, Oops, qui était expérimental et libérateur. Pour le reste, mes autres blogs, il ne s'agit que de mes tourments si juvéniles.

Maintenant, la forme littéraire qu'est le blog trouve principalement sa force dans le lien qu'on croit développer avec l'auteur, il y a une certaine dose de voyeurisme, une proximité qui procure le charme au blog.

À partir du moment où il est évident qu'il s'agit d'une fiction, ce lien n'existe plus et l'intérêt pour le blog, je crois, ne peut aller qu'en décroissant. Il s'agit là de ma petite explication.

un gars a dit…

@IC...
Ta réponse me donne plusieurs pistes, j'y pense un peu et j'y reviens.
Merci :0)